Signé le 19 août 2026, la veille même de l'épreuve de présélection, l'arrêté n°024080 organise l'intégralité du Concours de recrutement d'élèves-maîtres et abroge le texte de 2024 qui régissait le concours jusque-là. Il fixe, article par article, l'ensemble du dispositif, du dossier de candidature jusqu'à la bourse de formation, et corrige au passage une confusion qui circule depuis plusieurs sessions sur le nombre de phases du concours.
Un texte qui ferme la boucle ouverte le 8 juin
Trois documents se succèdent depuis l'été, chacun refermant un peu plus le dossier ouvert par le précédent. Le 8 juin, un article publié ici plaidait pour la suppression de la dictée à la présélection. Le 10 juin, une note d'information du Ministre traduisait cette demande en dispositif transitoire, en attendant, précisait-elle elle-même, « la sortie du nouvel arrêté général », celui qui paraît finalement le 19 août. Il ne modifie rien sur le fond de l'épreuve de présélection déjà connue, mais il lui donne enfin un fondement juridique stable et l'inscrit dans un texte qui couvre tout le concours, pas seulement une phase.
Deux phases, pas trois
L'Article 4 de l'arrêté est sans ambiguïté : « Le CREM se déroule en deux phases : une phase de présélection et une phase d'admission définitive. » Aucun entretien avec un jury n'est prévu dans ce texte.
Une clarification nécessaire.
Plusieurs guides de préparation encore en circulation, construits sur d'anciennes sessions, décrivent un entretien final noté sur 20 points après l'admission définitive. Ce troisième temps existait par le passé, mais l'arrêté n°024080 abroge expressément l'arrêté n°024172 du 26 septembre 2024 et ne le reconduit pas. Un candidat qui prépare un entretien inexistant dans le texte en vigueur consacre du temps à la mauvaise épreuve.
Dissertation et épreuve mixte, la totalité de l'admission définitive
Pour l'option Français, l'Article 11 fixe l'admission définitive à deux épreuves seulement : une dissertation de culture générale en français, notée sur 20 points, coefficient 3, et une épreuve mixte à deux sections portant sur le même programme que la présélection, celui de la 3e Étape de l'Élémentaire.
| Épreuve | Durée | Points | Coefficient |
|---|---|---|---|
| Dissertation de culture générale | 3h | 20 | 3 |
| Épreuve mixte, Section I (Français) | 3h | 30 | 1 |
| Épreuve mixte, Section II (Mathématiques) | 30 |
Le calcul confirme la cohérence du texte : 20 points à coefficient 3 donnent 60 points pondérés, auxquels s'ajoutent les 60 points de l'épreuve mixte, soit 120 au total. L'Article 25 retient justement ce total pour classer les candidats par ordre de mérite. Aucune section « Découverte du monde », histoire, géographie ou sciences n'apparaît dans ce texte pour l'option Français. Le candidat qui prépare ces matières en vue de l'admission prépare, là aussi, une épreuve qui n'existe plus dans le cadre en vigueur.
Une note du 4 septembre comble un angle mort
Cet article ne s'était penché, jusqu'ici, que sur l'option Français, la plus suivie des quatre. Une note d'information du Ministère, datée du 4 septembre 2026 et signée, par délégation du Ministre, par le Secrétaire général Papa Malick Ndao, publie noir sur blanc le contenu de l'admission définitive pour les candidats inscrits en arabe, en daara ou en anglais.
L'architecture commune reste celle de l'option Français : une dissertation de culture générale à 20 points, coefficient 3, suivie d'une seconde épreuve notée sur 60 points. Cette seconde épreuve se découpe en deux sections de 30 points pour le français, l'arabe et le daara. Pour l'anglais, elle prend la forme d'un bloc unique, la Language Use, qui regroupe quatre domaines de compétence plutôt que deux sections distinctes.
| Filière | Dissertation | Seconde épreuve (60 pts) |
|---|---|---|
| Français | Culture générale, en français | Français (texte suivi de questions) /30 · Mathématiques (opérations et problème) /30 |
| Arabe | Culture générale, en arabe | Vocalisation d'un texte arabe suivie de questions /30 · Éducation religieuse /30 |
| Daara | Culture générale, en arabe | Sciences du Coran /30 · Qira-at et Tadjwid, selon Warch ou Hafs /30 |
| Anglais | Essay writing, sur la culture générale | Language Use : Phonetics/Phonology, Grammar, Vocabulary, Translation |
Le programme de référence varie sensiblement d'une filière à l'autre. L'option Arabe s'appuie sur « les programmes de l'Élémentaire », sans la restriction à la 3e Étape que porte l'option Français : le candidat arabisant révise donc sur un périmètre plus large que son homologue francophone. L'option Daara change de référentiel : ce ne sont plus les programmes de l'Élémentaire qui s'appliquent, mais les connaissances enseignées dans les daara eux-mêmes. Pour l'anglais, la note ne fixe aucun programme scolaire de référence ; elle se limite à lister les quatre domaines de compétence attendus.
Quatre niveaux de contrôle avant que le dossier ne passe
L'arrêté détaille un circuit de vérification du dossier physique que la communication précédente ne décrivait pas. Le Chef du Bureau des examens et concours de l'IEF contrôle d'abord la conformité des pièces, avant qu'une Commission de vérification, présidée par l'Inspecteur de l'Éducation et de la Formation, ne valide ce premier contrôle. Une Commission de validation a priori, présidée cette fois par l'Inspecteur d'Académie, effectue un troisième passage, et deux jours avant le début de l'admission définitive, une dernière commission, présidée par le Directeur des Examens et Concours, procède à une validation a posteriori. À chacune de ces quatre étapes, l'Article 8 est catégorique : la non-conformité d'une seule pièce entraîne le rejet du dossier.
Ce degré de contrôle laisse peu de place à l'approximation. Un extrait de casier judiciaire daté de plus de trois mois, un certificat médical délivré par une structure non habilitée, ou une pièce téléversée qui ne correspond pas exactement à la pièce physique déposée, suffisent à écarter un candidat par ailleurs admissible sur le plan académique.
Dix ans d'engagement, contre une bourse alignée sur la licence
L'arrêté ne s'arrête pas à la déclaration des résultats. L'élève-maître admis dispose de trente jours pour s'inscrire à son CRFPE d'affectation, faute de quoi il est considéré comme démissionnaire et remplacé par le candidat le mieux placé sur la liste d'attente. L'inscription suppose la signature d'une fiche d'engagement décennal à servir le système éducatif sénégalais. En contrepartie, la formation initiale ouvre droit à une bourse mensuelle de 40 000 francs CFA, alignée sur celle d'un étudiant en licence dans une université publique. Le texte qui organise le recrutement organise donc aussi, dans le même mouvement, l'engagement de long terme qui s'ensuit.
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